Les employés font désormais davantage confiance à leur employeur qu'à toute autre institution. Selon le baromètre de confiance Edelman 2026, 78 % des personnes interrogées font confiance à leur employeur, devançant ainsi les entreprises en général (64 %) et le gouvernement (53 %). Ce chiffre semble prometteur pour les équipes dirigeantes. Il constitue également un signal d'alarme.
Lorsque la confiance est si fortement concentrée dans une seule relation, le coût de sa perte augmente considérablement. Une annonce manquée, une mise à jour de politique mal traduite ou un message de la direction perçu différemment à Singapour et à São Paulo peuvent causer plus de dégâts qu'un seul mauvais trimestre. La confiance est devenue un actif que les entreprises dépensent ou renforcent à chaque communication qu'elles envoient, et pour les organisations opérant dans plusieurs langues et fuseaux horaires, cette gestion est constante.
C’est ce qui fait de la confiance la nouvelle monnaie d’échange des communications d’entreprise. Elle se gagne par petites interactions répétées, et il est bien plus facile de la perdre que de la regagner.
Le déficit de confiance qui se cache au sein des organisations mondiales
La même étude d'Edelman révèle un problème plus profond, sous-jacent aux chiffres principaux. 70 % des personnes interrogées se disent réticentes ou hésitantes à faire confiance à une personne dont les valeurs, l'origine, la culture ou l'approche des questions sociales diffèrent des leurs. 42 % préféreraient changer de service plutôt que de rendre des comptes à un supérieur hiérarchique dont les valeurs divergent des leurs.
Pour une entreprise nationale, cet isolement représente un défi culturel. Pour une multinationale, il est structurel. Les organisations mondiales sont, par définition, composées de personnes d'origines, de langues et de références culturelles différentes. Si une part significative des employés se montre initialement réticente face à la différence, la confiance ne peut être présumée. Elle doit être activement construite, et la communication est le principal outil pour y parvenir.
Edelman a également constaté que 75 % des personnes interrogées estiment que les PDG ont l'obligation de contribuer à réduire ces clivages, mais que seulement 44 % pensent que leur PDG s'en charge efficacement. C'est dans cet écart entre les attentes et la réalité que la confiance s'érode le plus rapidement, et cet écart est généralement le plus marqué dans les organisations où les messages de la direction ne parviennent pas systématiquement à tous les employés sous une forme qu'ils peuvent pleinement comprendre.
Pourquoi le langage est un signal de confiance, et pas seulement un problème logistique
Il est tentant de considérer la traduction et l'interprétation comme une simple question de logistique administrative : traduire les mots dans la bonne langue et passer à autre chose. Or, les faits montrent que les employés en ont une perception très différente.
L'intégration est déjà une période délicate pour instaurer la confiance, avant même que la langue n'entre en jeu. Gallup constate que seulement 12 % des employés sont tout à fait d'accord pour dire que leur entreprise gère bien l'intégration des nouvelles recrues, précisément au moment où ces dernières décident du degré de confiance qu'elles accordent à leur employeur. Pour les employés multilingues, cette période fragile s'accompagne d'un risque supplémentaire. Une étude distincte menée par Babbel for Business sur le monde du travail a révélé qu'un travailleur sur cinq se sent jugé sur son accent, et que l'anxiété liée à sa façon de parler coûte aux plus hauts revenus jusqu'à 25 000 dollars par an en perte de productivité. Parmi les employés gagnant plus de 100 000 dollars, près d'un quart déclarent passer plus de deux heures par jour à s'inquiéter de leur manière de communiquer plutôt que de ce qu'ils communiquent.
Il ne s'agit pas là d'un problème de qualité de traduction au sens strict, mais d'une question de confiance. Lorsque des employés doivent déployer plus d'efforts que leurs collègues pour comprendre une politique, suivre une réunion publique ou participer à une discussion, cela leur indique clairement à quel point l'organisation s'investit pour les inclure. En d'autres termes, l'accès linguistique est l'un des moyens les plus clairs et les plus mesurables pour une entreprise de démontrer si l'inclusion est une valeur affichée ou une pratique réelle.
Stratégies de renforcement de la confiance pour les équipes internationales
Les entreprises qui accordent autant d'importance à la confiance qu'aux revenus ont tendance à partager quelques habitudes.
L'exactitude doit être impérative dans les moments cruciaux
Les réunions publiques, les annonces de restructuration, les briefings sécurité et les mises à jour de conformité sont autant d'événements dont les employés se souviennent. Dans ces contextes, un message traduit de manière générale mais transmis de façon imprécise est plus préjudiciable qu'un message tardif, car il leur apprend que la nuance est facultative lorsqu'il s'agit d'eux.
Combler le fossé des attentes en matière de visibilité du leadership
Étant donné l'écart de 31 points entre les employés qui attendent de leur PDG qu'il apaise les divisions et ceux qui estiment que cette attente est satisfaite, les dirigeants devraient considérer l'accès multilingue et en temps réel à leur propre discours, et non à une version résumée ou différée, comme faisant partie intégrante de leurs fonctions. Les employés remarquent lorsque la communication de la direction est filtrée par des délais ou des décalages de traduction avant de leur parvenir.
Assurer la cohérence entre les régions
La confiance se renforce lorsque les employés de chaque marché reçoivent des communications avec la même rapidité, le même ton et la même précision que ceux du siège. Toute incohérence, même involontaire, est perçue comme une hiérarchie d'importance entre les régions.
Considérer l'inclusion comme mesurable
Suivez qui participe aux sessions en direct, qui dépend des traductions différées et qui se désintéresse des communications qu'il ne comprend pas pleinement. Ce sont des indicateurs précoces d'un problème de confiance, bien avant qu'il n'apparaisse dans les résultats des enquêtes d'engagement.
Ce que les dirigeants ont tendance à mal comprendre
L'erreur la plus fréquente consiste à considérer le développement de la confiance comme un simple exercice de communication plutôt que comme un investissement dans l'infrastructure. Une meilleure formulation ne suffira pas à combler un déficit de crédibilité de 31 points si un cinquième des employés n'a pas accès au message sous une forme qui leur convient. Les organisations qui parviennent à combler ce déficit sont celles qui identifient les points de rupture de la communication entre le siège et le reste de l'entreprise, puis investissent dans une d'interprétation, de traduction et de sous-titrage permettant de résoudre ces problèmes, au lieu de se contenter de les contourner.
Prochaines étapes
La confiance ne se construit pas en une seule annonce. Elle se forge, ou s'érode, au fil de chaque interaction entre une organisation et ses employés, et le langage est l'un des signaux les plus clairs que ces derniers utilisent pour juger de la direction prise parl'entreprise. Pour les entreprises internationales, combler l'écart entre ce que les dirigeants souhaitent communiquer et ce que les employés perçoivent réellement est le fondement même de la confiance.
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